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Hassan Rohani, le président de la république des mollahs, a présenté, en décembre, le projet de loi des finances pour l’année persane prochaine (mars 2017-mars 2018) au Majlis [le parlement iranien]. On constate une augmentation du budget militaire iranienne. Les explications avec Mohammad Amin chercheur associé à la FEMO.

Q. Que représente le budget présenté par Rohani ?

MA : Le budget annuel de l’Iran comprend généralement deux parties : la partie la plus importante concerne « les entreprises publiques, les banques et les entreprises lucratives assujetties à l’Etat ». Les recettes de ce secteur sont utilisées pour couvrir les dépenses de ce même secteur et les ministères ou d’autres structures étatiques n’en bénéficient guère. Mais la partie moins importante se place sous le chapitre intitulé « le budget général » et c’est sous ce chapitre de la loi des finances que sont définies les politiques gouvernementales. Le budget général pour l’année prochaine est de 371000 milliards de tomans (92.75 milliards de dollars, 1 dollar = 4000 tomans). 

Q. Quelle est la part précise consacré aux questions militaires dans ce « budget général » ?

MA : L’augmentation du budget militaire est particulièrement considérable dans la nouvelle loi des finances. L’augmentation la plus importante concerne le budget du Corps des gardiens de la révolution (pasdarans) qui passe de 15816 milliards de tomans pour l’année dernière à 24546 milliards tomans, soit une hausse de 55%. Ainsi, au cours de quatre années de la présidence d’Hassan Rohani, le budget militaire du pouvoir iranien a augmenté de 70%. Ce chiffre concerne les budgets alloués au Corps des pasdarans, à la force paramilitaire Bassidj et à l’armée. L’évolution du budget militaire est bien visible à partir des chiffres publiés dans des textes officiels des lois de finances : -2014 : 32527 milliards de tomans -2015 : 42057 milliards de tomans -2016 : 50790 milliards de tomans -2017 : 55527 milliards de tomans

Q. Quel est la raison principale de cette hausse ?

MA : Il faut noter absolument que ces chiffres sont très loin de la réalité des dépenses ; car une partie importante des dépenses militaires est financée par des cartels commerciaux et financier appartenant au Corps des pasdarans et au conglomérat dirigé par le « guide suprême », parmi lesquels « Setâd-ejrayi-e farman-Emam » [le QG de l’application du commandement de l’Imam], l’« QG Khatem-ol Anbia » ou encore la Banque Ansâr, etc… Les détails de ces chiffres sont gardés secrets, mais ce qui est frappant dans les chiffres globaux que l’on vient d’évoquer, c’est leurs augmentations régulières qui ne peuvent être expliqués que par l’implication grandissante du régime iranien dans la guerre en Syrie et une perspective de conflit de plus en plus ouvert avec les pays arabes de la région.