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Le 30 juin 2017 s'est tenu à Roissy-en-France un colloque organisé par la Fondation d'Etudes pour le Moyen Orient sur la situation dans cette région. L'analyse de l'Iran et son rôle politique dans la région ainsi que son avenir a largement occupé les esprits de cette journée. A cette occasion se sont succédés 3 panels composés de hauts dignitaires (universitaires, chercheurs, fonctionnaires, militaires, politiques), directement engagés au cours de leur carrière dans la résolution des problématiques du Proche et Moyen Orient.

Le premier panel modéré par Lincoln Bloomfield (ambassadeur, Président émérite au Centre Stimson, ancien Secrétaire d'Etat Adjoint aux affaires militaires) avait pour objectif de décrypter l'analyse des politiques sur Iran. 

 

 

Celui-ci était constitué de John Baird (ancien ministre des affaires étrangères du Canada), Joseph Lieberman (ancien sénateur et candidat à la vice-présidence des Etats-Unis), Robert Joseph (ambassadeur, envoyé spécial des États-Unis pour la non-prolifération nucléaire et Secrétaire d'État adjoint au contrôle des armements et à la sécurité internationale jusqu'en 2007), Jack Keane (Général, chef d'état-major adjoint de l'US army), Bruno Tertrais (Directeur adjoint de la Fondation pour la Recherche Stratégique).

John Baird, le premier à intervenir, a critiqué la politique moyen orientale de Barack Obama et de son administration pendant ses huit années au pouvoir, surtout concernant la main tendue à Téhéran. Il reproche à Obama sa fébrilité lors de l'accord nucléaire entre l'Iran et les P5+1, et estime que face à l'Iran l'option n'est certainement pas le compromis tant le régime a montré dans le passé sa capacité à ne pas respecter la parole donnée. Ensuite, il est revenu sur la présidentielle iranienne, qu'il a qualifié de « farce démocratique » dans la mesure où les candidats ne peuvent concourir librement puisqu'ils sont choisis par le guide suprême

Joseph Lieberman est lui aussi revenu sur l'accord nucléaire du 14 juillet 2015, en évoquant sa certitude quant à la volonté du régime iranien de ne pas respecter ce dernier. Il estime que l'objectif principal de la théocratie iranienne reste la construction de la bombe atomique car celle-ci garantirait l'assise du régime. Lieberman a rappelé le rôle du régime iranien dans le terrorisme international et son but de déstabilisation au Moyen Orient en s'ingérant partout où il le peut comme en Irak et en Syrie. Comme J. Baird, il a fortement critiqué la politique d'Obama bien trop complaisante à l'égard des autorités iraniennes. L'ère qui s'ouvre avec Donald Trump, va il l'espère tenter de revoir les plans précédents afin de redonner à l'Iran et à son peuple sa liberté. Il a rappelé les dissensions à l'intérieur du régime, entre un Président de plus en plus hostile à la ligne du guide suprême, révélant ainsi les fragilités intérieures.

Pour R. Joseph, depuis la signature du traité sur le nucléaire iranien rien n'a changé en Iran et au contraire, il est persuadé que la théocratie continue sa quête de l'arme nucléaire. Il a rappelé les récentes révélations concernant le programme de missiles balistiques que le régime iranien a engagé et estime qu'il n'y a rien à attendre de celui-ci si ce n'est sa fin. Ainsi, il a affirmé que l'objectif principal devait être sa chute. En effet, il ne croit en aucun cas à la modération du président Rohani et estime que celle-ci n'est qu'une fable, qui, si elle est prise au sérieux sera redoutable pour les pays qui tentent de lutter contre la prolifération et le terrorisme d'Etat. Concernant l'alternative au régime, il a mentionné le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), seule organisation à avoir comme objectif un Iran libre et démocratique, de même que la volonté de stopper la prolifération des armes. Il a affirmé que Washington considère le peuple iranien comme un allié de même que le CNRI organisation iranienne qui garantie une volonté d'établir la paix dans cette région.  

Jack Keane, lui, a tenu à rappeler que l'objectif de l'Iran était d'imposer son leadership à l'ensemble du Moyen Orient, ce que l'administration Trump ne laissera pas faire, a-t-il affirmé. Même si Trump n'est pas le plus compétant en matière de politique étrangère, il a tenté de rassurer son auditoire en affirmant que celui-ci s'était entouré des meilleures conseillers. Ces derniers, il l'assure, seront capable de garantir un plan d'action contre la dynamique d'expansion de l'Iran et ce, pour la stabilité de la région. Fini, l'attentisme de B. Obama donc, le général Keane explique que la nouvelle administration a déjà montré des signes. Tout d'abord le premier voyage de Trump à Ryad pour rassurer son allié saoudien, principal opposant dans la région à la théocratie iranienne, et ainsi lui garantir son soutien contre toutes formes d'agressions. Keane a rappelé que les américains doivent veiller à ce que les jeunes iraniens aient une alternative au régime actuel en même temps qu'il a expliqué que Trump n'hésiterait pas à utiliser la force contre toutes les formes de provocation du régime iranien. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé en réponse au tir balistique iranien. 


Bruno Tertrais a souhaité lui, déconstruire cette image d'un régime iranien modéré, en le tenant hautement responsable de la montée du terrorisme lors de ces dernières années. Pour lui, cette erreur des européens de croire que le régime se modère est du au fait qu'ils confondent modération et pragmatisme. Car oui, le régime iranien est pragmatique mais en aucun cas modéré. En tant que Français, il a souhaité parler de la position de la France. Si celle-ci est actuellement discrète concernant le régime iranien, il a bon espoir de croire en la fermeté du nouveau Président de la République devant les menaces du Moyen Orient. Il a souhaité aussi souligner la bêtise des sphères politiques concernant leur stratégie d'apaiser les tensions avec l'Iran via le commerce et le business. En effet, dans l'Histoire les épisodes ne manquent pour rappeler que cela n'est qu'une pure utopie. Enfin il a démontré l'appui du régime iranien au régime d'Assad et par la même occasion de Daesh puisque la Syrie de Assad en a fait son meilleur garant dans la crise que traverse la Syrie. 

Le deuxième panel était modéré par Alejo Vidal Quadras (président de l'ISJ, ancien vice-président du Parlement européen) et avait pour thématique le rôle de l'Iran dans la région. Il s'est tenu en présence de Sid Ahmed Ghozali (ancien chef du gouvernement de l'Algérie), Jean-Sylvestre Mongrenier (docteur en géopolitique, professeur agrégé d'Histoire-Géographie, et chercheur à l'Institut Français de Géopolitique (Université Paris VIII) et membre de l'Institut Thomas More), Struan Stevenson (Président de l'European Iraqi Freedom Association, ancien président de la délégation du Parlement européen pour les relations avec l'Irak).

Si Alejo Vidal Quadras a rappelé le rôle du régime iranien dans le terrorisme international, Sid Ahmed Ghozali a pu en témoigner par son expérience alors qu'il était Premier ministre de l'Algérie. En effet, il a rappelé comment le régime iranien a tenté de fragiliser l'ensemble des Etats de la région, dont l'Algérie, afin de propager sa révolution islamique. Pour lui, il n'y a rien à attendre de ce régime car l'expansionnisme est dans sa nature propre. Il a rappelé de nombreuses dimensions concernant la théocratie iranienne comme l'ingérence en Syrie et en Irak, une opposition anéantie par elle qui a vu l'assassinat de près de 120000 résistants, une peine de mort qui continue d'être utilisée massivement, et donc tout un ensemble de faits qui explique pourquoi Ghozali estime que ce régime n'est en rien la solution au Moyen Orient.  

Jean-Sylvestre Montgrenier a tenté un éclairage global concernant la situation au Proche et Moyen Orient. Il a rappelé la réalité géopolitique de l'arc chiite qui s'étend de Téhéran au nord-Yémen (en passant par l'Irak, la Syrie et le Liban), mais aussi le renforcement du Hezbollah sous l'étroit contrôle de l'Iran. Ces évènements révèlent les volontés hégémoniques de l'Iran mais surtout le risque d'une expansion sans limite laissant même penser que la question nucléaire et balistique est plus que jamais à l'ordre du jour concernant le dossier iranien.

Struan Stevenson, a lui aussi évoqué les ingérences iraniennes au Moyen Orient et estime que l'accord sur le nucléaire n'a en aucun cas contribué à modérer l'attitude du régime iranien dans la région, bien au contraire celui-ci semble encore plus agressif dans sa politique étrangère. Il a affirmé qu'il y avait urgence à libérer le peuple iranien de ses dirigeants tout en affirmant qu'il existait une alternative crédible, avec l'opposition iranienne.

Le troisième et dernier panel modéré par Lincoln Bloomfield, s'est intéressé justement à la situation en Iran et au rôle de l'opposition. Pour cet échange était présent Kenneth Blackwell (ancien ambassadeur des États-Unis à la Commission des droits de l'homme de l'ONU à Genève), Linda Chavez (Fondatrice et présidente du Centre pour l'égalité des chances, ancienne chargée des relations publiques à la Maison Blanche), Ramesh Sepehrrad (chercheuse à l'Ecole de l'Analyse et de la Résolution de Conflit (SCAR) à l'université de George Mason, Fairfax, en Virginie, aux Etats-Unis. Elle a concentré ses recherches sur les affaires iraniennes, la gouvernance politique, les droits de l'homme, l'égalité entre les sexes et la politique des États-Unis), Robert Torricelli (membre du Sénat américain de 1997 à 2003, a siégé pendant 14 ans à la Chambre des représentants des États-Unis).

Ramesh Sepehrrad a réaffirmé les dissensions qui existent à l'intérieur du champ politique iranien. En effet, l'élection pour un second mandat du président sortant Rohani, qui n'était alors pas le candidat du guide suprême, révèle la grave crise intérieure au plus haut sommet de l'Etat entre le guide Khamenei et le Président Rohani. Mais pour elle cette fracture n'a que trop peu de signification tant le régime sait construire en apparence des fractures, là où celui-ci ne parle en réalité d'une seule et même voix. Mme Sepehrrad a cependant rappelée les évènements de 2009 où le régime était dans la tourmente, mais a souligné le fait que le mouvement vert alors à l'avant poste de la contestation est aujourd'hui marginalisé et sans écho.  


Linda Chavez et Robert Torcelli ont tous deux rappelés que l'alternative la plus crédible auprès de laquelle on pouvait construire un Iran libre et démocratique n'était autre que celle portée par le Conseil National de la Résistance Iranienne et son fer de lance l'OMPI (MEK) mouvement qui malgré les épreuves a su en surmonter de nombreuses et qui se fixe comme objectif final la fin des mollahs pour un Iran libre. Ces deux figures de la politique américaine ont espéré qu'un jour la jeunesse iranienne vivent dans la paix et l'espoir de choisir le meilleur chemin pour leur pays. 

Le dernier intervenant, Kenneth Blackwell, a souhaité quant à lui avancer plusieurs propositions pour remédier au problème iranien. S'il se félicite du changement de point de vue de l'administration américaine quant au régime iranien, il estime que celle-ci devra utiliser davantage les nouvelles technologies dans la mise en œuvre de sa politique étrangère afin de soutenir au mieux les revendications du peuple iranien et ainsi espérer un changement de régime pour plus de démocratie.